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Le temps qui passe, Colette Petonnet est partie

Triste nouvelle, Colette Petonnet nous a quittés. Collette avait été militante un temps dans le 4ème, pour rejoindre en 2006 la section du 11ème.
Pour celles et ceux qui l’ont connue, c’était une militante ardente, passionnée, prête à tous les combats et la question du logement des précaires et des plus démunis lui tenait particulièrement à cœur.
Pour celles et ceux qui ne l’ont pas connue, c’est l’occasion de la découvrir à travers son travail. Colette était directrice de recherches honoraire au CNRS et avait été la co-fondatrice du laboratoire d’ethnologie urbaine. Elle avait travaillé sur les migrants et les banlieues et l’un de ses ouvrages, « on est tous dans le brouillard », est l’un des livres qui ont orienté ma vie professionnelle. Elle y décrit, en ethnologue, comment se sont constitués les bidonvilles, autour de Paris, centrés autour des lieux de travail, les usines, comment des populations s’y sont rassemblées, à partir d’affinités ethniques, comment se sont alors constituées des sociétés, avec leurs équilibres et leurs rites et comment les grands travaux d’urbanisme, en détruisant les bidonvilles sans chercher à en préserver les populations et en les distribuant en divers espaces, diverses banlieues sans tenir aucun compte des affinités et des cultures existantes, ont semé le germe des sentiments d’isolement et d’exclusion des banlieues toujours d’actualité.

Colette Petonnet : « On est tous dans le brouillard », essai d’ethnologie urbaine / espaces habités / ethnologie des banlieues et, en juillet dernier, contribution pour le Paris des ethnologues dans ethnologie française. Découvrir son travail est sans doute la meilleure manière de lui rendre hommage.

Didier Saco