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Boxer contre le vide

Étonnante combativité de celui qui était tenu pour perdant. Quelle vigueur face à un bilan négatif. Il rebondit après des coups tels que « vous étiez le président du pouvoir d’achat » ou « votre bilan c’est votre boulet » assénés par Laurent Fabius. Nicolas Sarkozy se défend en invoquant le contexte de crise. Il rappelle les décisions prises sans bouleversement social comme les réformes des retraites et des universités. Se disant sensible, passionné, il tente d’oublier une forte peine de cœur en fêtant sa victoire au Fouquet et sur le yacht de Vincent Bolloré. Bien sûr il ne le referait pas...

Lorsque le volet finance est abordé, il affirme que les chiffres présentés sont faux parce qu’ils ne sont pas mis en perspective. Face à Laurent Fabius qui reprend la question, il transforme le problème en acte de foi. Le spectateur en est réduit à l’adhésion...

La lourdeur de la charge présidentielle est plusieurs fois évoquée. Au point que les réunions européennes sont des moments où la détente autorise un peu de familiarité « eh Angela ! ». C’est drôle, le spectateur ne peut s’empêcher de rire.

Mais une question s’impose peu à peu : pourquoi Mr Sarkozy se bat il ? A Franz Olivier Giesbert qui lui demande « vous avez la pugnacité de 2007, mais c’est quoi cet air triste, cette lueur éteinte dans votre regard ? ». Mr Sarkozy élude, pétillant : « après 2 heures savoir que l’on suscite un tel débat signifie que l’on ne s’est pas dérangé pour rien ! »

Et hop ! Trois petits tours et... ? Que reste-t-il de cet échange ? L’énergie qui caractérise Mr Sarkozy ? Mr Sarkozy dit se battre contre la pensée unique mais pour défendre quelle pensée ?
Devant ses différents protagonistes, il déploie avec force toutes sortes d’arguments mais pour défendre quoi ? L’image du boxeur s’impose : celui-ci doit se défendre et attaquer. Point, pas d’autres enjeux, or nous sommes dans la campagne présidentielle.

En cherchant : au cours des 2h1/2 d’échanges, un argument de fond est lancé par Mr Sarkozy : « les socialistes croient au partage du travail, moi je crois au travail ». Une affirmation qui détonne dans un moment où le travail est de moins en moins rémunérateur et de plus en plus rare. Le spectateur risque de se lasser...

Marie-Laure

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