Contenu

Retour sur le débat sur les primaires aux présidentielles entre Henri Weber et Arnaud Montebourg

Le 1 juillet, 20h15, Terra Nova, dans le cadre de ses soirées débat "Poings de vue" à la Bellevilloise (19 rue Boyer, Paris 20e), a organisé un débat sur les primaires pour le choix du candidat socialiste aux élections présidentielles.

Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation et auteur du rapport "Pour des primaires ouvertes et populaires" a défendu son idée d’une primaire ouverte à tous les partis de gauche face à Henri Weber, député européen et partisan d’une primaire ouverte aux militants et sympathisants socialistes.

Le résumé du débat :

Henri Weber a commencé en distinguant 2 types de primaires connues à gauche :
-  les primaires de ratification, par exemple les primaires italiennes, où une participation massive est recherchée pour valider la nomination d’un candidat choisi par une coalition des partis de gauche
-  les primaires de désignation, comme celles des démocrates américains, où les électeurs sont appelés à choisir leur candidat aux éléctions.

Les deux protagonistes sont d’accord pour préciser que le débat sur le mode de désignation du candidat ne doit pas se substituer à la préparation d’un programme mais doit permettre en parallèle à préparer la désignation d’un leader.

Henri Weber est contre une primaire de tous les partis de gauche car il considère que c’est plutôt le rôle du 1er tour des élections présidentielles.

Ses arguments contre une primaire ouverte à tous les partis de gauches sont :
-  Le principe est irréaliste car trop de prétendants voudraient y participer.
-  Il est positif que plusieurs candidats de différents partis de gauche s’affrontent sur leurs idées lors d’une élection nationale.
-  Le nombre de candidats rendrait la primaire contre-productive, les débats seraient surement très houleux et les 6 mois de débats seraient d’une grande âpreté.
-  Les partis de gauche ne sont pas aptes à gérer une élection de cette envergure (4 millions d’électeurs possibles d’après OpinionWay), cela pourrait provoquer de grands risques de fraude.
-  La droite profiterait de l’occasion pour répéter que la gauche se déchire pour choisir un candidat plutot que de penser à un projet pour les Français.
-  Le séquençage des votes à l’américaine (certains états votent en premier, puis d’autres quelques temps plus tard...) marche dans un pays avec une organisation fédérale mais n’est pas dans la culture française. Et comment choisir les premiers départements ayant le droit de voter?

Henri Weber souhaite des primaires pour désigner le candidat socialiste parmi les prétendants socialistes (à la manière des primaires de 2006) et ouvertes aux sympathisants socialistes.

Pour Arnaud Montebourg, des primaires de la gauche en générale seraient une riposte à l’UMP qui a fusionné les 3 volets de la droite française. Son but est d’impliquer le plus possible les français pour faire en sorte de plus démocratiser la 5ème République.

Il se base sur de nombreux pays chez qui les primaires fonctionnent comme l’Italie, la Grèce, les Etats Unis ou encore le Chili.

Arnaud Montebourg pense qu’il est plus facile de faire élire un candidat choisi par 4 millions de personnes que par 150 000.

Ces primaires seraient ouvertes aux milieux associatifs et syndicaux pour une plus grande proximité avec les Français. Tous seraient impliqués dans l’élaboration du projet présidentiel.

Arnaud Montebourg a rappelé que le 1er tour des élections présidentielles pouvait être dangereux pour le PS (avec les exemples des scrutins de 1969 et 2002).

Associer les autres partis au choix du candidat leur permet de participer au projet et donc leur permet de faire parti d’un rassemblement pour la formation d’un gouvernement ou d’un groupe parlementaire plutôt que de sortir potentiellement vaincu et isolé.

Une partie des Verts et des Communistes seraient d’ors et déjà d’accord pour participer à ces primaires ouvertes.

Pour lutter contre l’abondance de candidats, Arnaud Montebourg insiste sur le principe d’écrémage après les premiers votes. les candidats n’ayant pas obtenus 5% au bout du 1er mois seraient hors compétition et devraient se rallier à d’autres candidats.

Arnaud Montebourg précise que le choix de ces primaires est urgent et que la décision des modalités doit être prise dès la fin 2009 et non vers juin 2010 comme le préconise Henri Weber.

Henri Weber précise qu’il est pour l’ouverture aux sympathisants car se limiter aux militants ne donnerait pas assez de légitimité au (ou à la) candidate. Mais ces sympathisants doivent être déclarés d’un façon ou d’une autre car il pense que les votants doivent avoir suivi la campagne des primaires, et non se décider à la dernière minute pour participer au scrutin.

Arnaud Montebourg dit qu’un grand nombre de votants éviterait la contestation du choix du candidat et rappelle qu’un électeur aux primaires ne doit pas être obligatoirement encarté mais doit participer aux frais de ces primaires (contribution de 2€ par exemple).

Henri Weber rajoute que la Gauche Française a de nombreuses racines différentes, souvent très anciennes et qu’il est illusoire de vouloir les fusionner.

Suite aux question de l’assemblée, Arnaud Montebourg explique que le projet ne peut pas être finalisé avant le choix du candidat, que le programme doit être celui du candidat choisi et que ce programme peut évoluer dans le temps.

En conclusion, Henri Weber souhaite des primaires de désignation du candidat socialiste, démarrant plus tôt qu’en 2006, proposant un véritable débat entre les candidat à l’investiture mais a peur que le nombre de candidats rendent ce débat difficilement maitrisable.

Arnaud Montebourg conclut que les candidats à l’investiture devront s’engager à soutenir et coopérer avec le ou la candidate investi(e). Le candidat choisi doit être issu et choisi par la Gauche dans son ensemble pour avoir une force et une légitimité démocratique.

Cyril