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Qu’est ce que le libéralisme?

Au moment où le terme fait polémique au sein du parti, Il m’a semblé utile de faire un point sur l’histoire du libéralisme.

Le libéralisme est un concept assez vague qui a recouvert et recouvre des approches assez différentes de la politique.

L’apparition du libéralisme précède l’invention du nom qui ne date que de 1823. Après la Renaissance qui a remis au gout du jour les valeurs antiques de raison et liberté d’action, certains penseurs comme Hobbes, Locke, Montesquieu affrontent la conception fortement empreinte de religiosité de la monarchie de leur époque. Ils privilégient le libre contrat à une période où de nombreuses charges sont réservées aux gens bien nés. Ils défendent la liberté d’opinion, de commerce... mais sans remettre en cause la monarchie qui reste garante de l’ordre public. Ils se méfient en général du peuple.

Une Révolution française plus tard, les libéraux après Alexis de Tocqueville et Stuart Mill acceptent la démocratie.

Troisième temps, avec la révolution industrielle l’économie devient un sujet d’étude, le libéralisme économique avec des auteurs comme Smith, Malthus, Ricardo, Bentham se développe. Ils désapprouvent en général l’intervention de l’état dans l’économie, lui préférant le libre contrat entre employeurs et employés. La loi de l’offre et la demande doit amener le juste prix des marchandises.

Cette période de forte croissance économique fait cependant apparaitre quelques limites au modèle. Le travail harassant des enfants, les conditions d’hygiène déplorables dans les grandes cités ouvrières commencent à émouvoir certains.

Une quatrième version du libéralisme tente la synthèse entre liberté économique et christianisme. C’est le début de ce que certains appellent le paternalisme. Le patronat anglais met en place des systèmes d’assurance pour ses employés dans certaines sociétés seulement(liberté de contrat oblige), bien avant la république française.

Ce soucis du bien commun amène au libéralisme social qui accepte que l’état puisse réglementer les rapports sociaux. Keynes incarne cette variante.

Sixième étape, le retour aux fondamentaux sur fond de guerre froide. Friedman et l’école de Chicago inspireront Reagan, Thatcher . Plus de contrats négociés de gré à gré et moins de réglementation étatiste forment le credo de ceux qu’on appellent aussi les ultralibéraux.

Après ce bref descriptif historique, quelques valeurs que partagent les libéraux.

Les libéraux sont raisonnables et pensent que les consommateurs le sont aussi. Ils privilégient la liberté individuelle à une morale contraignant toute la société, le libre contrat entre individus libres, la liberté de commerce.

La grande idéologie concurrente du libéralisme au 19e et 20e siècle a été le... socialisme qui lui reprochait :

Un manque de morale. Par exemple la prostitution issue d’un libre contrat commercial entre un client et un prestataire de service est contestée par certains.

Une apologie de l’individualisme au détriment de la communauté.

Le libre contrat est biaisé si une des deux parties est plus puissante que l’autre (employeur/employé).

Il n’est pas certain que la maximisation des gains individuels amène à une société globalement optimisée.

Conclusion : Le concept de libéralisme est flou, il faut en donner une définition précise si on veut l’utiliser. Définir le libéralisme revient à déterminer ce qui est du domaine du libre contrat et ce qui est réglementé par l’état et donc essentiellement à proposer un programme.

Laurent